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En ces jours on où parle beaucoup de l’industrie du diamant à l’occasion de la sortie en France du film Blood Diamond, je voudrais vous présenter une société dont les activités m’ont particulièrement surpris. Son nom est Life Gem (“joyau de vie”) et son métier est de transformer les cendres de vos proches en… diamants!
En effet, grâce aux techniques modernes il est possible de créer des diamants à partir du carbone de cendres humaines. A l’issue d’une procédure complexe Life Gem produit un ou de plusieurs diamants à partir d’une partie des cendres. Les pierres peuvent ensuite être montées et portées par les proches du / de la défunt/e.
Je dois vous avouer que ma première impression a été très mitigée quand j’ai découvert cette société. Pourtant j’avais aussi envie d’en savoir plus. De comprendre comment on pouvait fabriquer des diamants avec des cendres, de connaître un peu mieux leur démarche… J’ai entendu parlé de Life Gem pour la première fois aujourd’hui, cependant la société semble grande et connue. Elle vend ses services en Amérique, au Japon et en Europe (notamment en France).
Après avoir visité le site et vu quelques vidéos je ne suis plus dérangé par l’idée de conserver un/e proche dans un diamant. Je ne suis toutefois pas tenté d’avoir recours aux services de cette société.
Pour les curieux qui se demandent comment on peut fabriquer des diamants, voici quelques infos:
Les diamants naturels sont des minéraux qui ont été exposés à une température d’environ 2000 degrés pendant plus de 2000 ans. Le diamant est la matière la plus dure à la surface de la terre. Depuis 1953, on peut également “fabriquer” les diamants. On qualifie ces diamants de synthétiques mais ils ont les mêmes propriétés que les diamants naturels. C’est grâce à cette technique que l’on transforme les cendres en diamants.
Le travail de sociétés comme Life Gem consiste à recréer les conditions de formation de diamants à partir de carbone. Lors d’une première étape le carbone des cendres est prélevé. Lors d’une deuxième étape il est chauffé et changé en graphite. La troisième étape est celle de la “transformation” en diamant.
Des machines très perfectionnées permettent de faire en peu de temps un travail qui, dans la nature, prendrait des millénaires. La quantité de cendres demandée est 8 onces (soit 227 grammes). Life Gem réalise également des diamants à partir de cheveux (elle a notamment réalisé des diamants à partir des cheveux de Beethoven). Il est donc possible de se faire faire un diamant de son vivant. La société accepte aussi les animaux de compagnie.
La société Life Inc propose des diamants sans couleur (comme les diamants naturels) mais aussi des diamants colorés (verts, bleus, rouges, jaunes). Les prix vont de 3900 euros pour un petit diamant à 18400 euros pour un grand diamant.
Mon but n’est évidemment pas de faire de la publicité pour cette société, mais si vous voulez en savoir plus, jetez un oeil sur leur site web.
Voici aussi un reportage de NBC.
Classé dans : Société(s)
J’entends souvent dans les médias des gens dénoncer plus ou moins directement le multiculturalisme. La présence de cultures différentes sur le sol d’un pays constituerait une menace. En France, certains personnages politiques (de gauche comme de droite) disent que des pratiques prônées par certaines cultures ou certaines religions ne sont pas compatibles avec la vie en république. Partisan des droits de l’homme je suis tout à fait heureux que sur le sol français les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits. Je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Mais je voudrais partager la vidéo ci-dessus avec ceux qui affirment régulièrement que le mélange des cultures est dangereux. Les influences, ça va dans tous les sens. Pour chaque “Français” qui se convertit à une religion qui n’était pas celle de ses parents, il y a dix “Français d’origine étrangère” qui s’assimilent à la culture française. Je ne dis ça ni avec joie, ni avec tristesse. C’est un fait simple: la culture dominante d’un pays exerce une influence bien plus grande sur les gens que les cultures minoritaires. Alors du calme… et surtout du respect, svp.
Classé dans : Société(s)
En regardant pour la première fois ce sketche de Thomas Ngijol j’ai beaucoup ri mais j’ai aussi été troublé par l’introduction de l’humoriste: “Superman il s’est foutu de notre gueule. Ce mec là il sauve des petites vieilles, il éteint des immeubles en feu, mais quand il passe au-dessus de l’Afrique il fait semblant de pas nous voir”.
Ce qui m’a troublé c’est que ça m’ait fait rire. Ca m’a fait rire parce que c’est profondément vrai. Et toutes ces années où j’ai regardé gamin tel ou tel superhéros utiliser ses pouvoirs incroyables pour sauver un enfant qui allait se faire écraser alors que dans tant de coins du monde il y avait la guerre et la misère où ce même superhéros aurait pu sauver des vies à la pelle… Pendant toutes ces années on m’a indirectement éduqué à trouver ça plus normal que l’on améliore la vie de mes concitoyens plutôt que l’on sauve la vie des personnes habitant des parties plus éloignées du monde.
On m’a aussi appris à considérer que mon monde et ses capitales (New York, Washington, Los Angeles) étaient le centre de l’univers.
Si des extra-terrestres découvraient notre planête, je me demande bien quelles parties du monde ils trouveraient les plus intéressantes, quelles philosophies ils trouveraient les plus intelligentes, quelles sociétés ils trouveraient les plus justes. S’ils devaient choisir un pays dans le monde, ils ne choisiraient peut-être pas celui de Superman…
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Il y a quelques semaines, une nouvelle annoncée par le quotidien italien La Stampa a surpris beaucoup de commentateurs: l’ex-secrétaire d’état américain Henry Kissinger serait devenu conseiller du pape. L’information a été immédiatement reprise dans de nombreux médias. Le job du prix nobel de la paix aurait été de conseiller le pape sur les questions internationales. D’après des sources très averties et très anonymes, M. Kissinger aurait rencontré le pape lors d’une audience et ce dernier lui aurait proposé de rejoindre une commission chargée de conseiller le saint siège en matière d’affaires étrangères. Le bureau de M. Kissinger n’ayant pas nié ou confirmé l’information, les spéculations sont allées bon train pendant quelques temps.
Certains ont tiré des conclusions parfois rapides (le vatican deviendrait néo-conservateur) ou nauséabondes (dans certains pays on aurait parlé d’un complot papo-judaïque).
On aurait pourtant pu s’intéresser à d’autres aspects de cette information. Si elle était vraie, pourquoi devrait-elle nécessairement signifier que le Vatican tomberait sous le contrôle des Etats-Unis?

Ce type de relation a bien eu un précédent: celle entretenue par Jean-Paul II avec Zbigniew Brzezinski. Tous deux originaires d’un même pays, tous deux attachés à un certain nombre de valeurs communes. Brzezinski avait fui la Pologne, Jean Paul II y était resté. Le premier était devenu ministre de Jimmy Carter, le second Pape.
Similairement, Mm. Kissinger et Ratzinger sont tous deux originaires de Bavière. M. Kissinger a été contraint de fuir l’Allemagne durant le seconde guerre mondiale, M. Ratzinger y a grandi. Le premier est devenu ministre de Richard Nixon et Gerald Ford, le second Pape.
En outre, il est important de souligner que le Vatican fait souvent appel aux conseils et à l’expertise d’intellectuels de tous bords. Depuis son élection Benoît XVI a mis un point d’honneur à dialoguer avec des gens de toutes les sensibilités. Ses invités vont des athées aux scientifiques en passant par les musulmans ou les bouddhistes. Même s’il est profondément attaché à ses croyances, le pape actuel consulte régulièrement des gens très différents. Que Kissinger devienne un conseiller permanent ne signifierait donc pas forcément que le Pape n’écouterait plus que lui.
Puis les spéculations ont cessé quand un porte-parole du Vatican a démenti très officiellement l’information. M. Kissinger se serait juste entretenu avec le pape une fois et sa prochaine collaboration avec le Vatican se ferait dans le cadre d’une conférence, rien d’autre. Pétard mouillé, donc. Et même pour un pétard, ce n’aurait pas été grand chose.
Le pouvoir du Vatican a considérablement décru au fil des siècles. Le principal pouvoir restant au pape, c’était la communication et il semble pour le moment clair que Benoît XVI n’emballe pas autant les foules que son prédécesseur. Sa principale façon de peser sur les “affaires étrangères” serait d’exister politiquement, de compter dans le coeur des gens. C’est quelque chose que les meilleurs (ou les pires) conseillers politiques ne peuvent pas faire à sa place.
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Au moment où le ministre français de l’intérieur M. Nicolas Sarkozy entre en campagne présidentielle, cette chanson reggae rappelle que le champion de l’ “immigration zéro” est lui-même issu de l’immigration.
Fils de réfugié politique, il se vante d’avoir réduit par quatre le nombre de personnes se voyant accorder l’asile politique…
Des personnes, qui fuient une mort certaine, des persécutions, des actes de torture… et qui sont de plus en plus souvent renvoyées dans le pays dont elles se sont si difficilement échappées… et où elles seront sévèrement punies (ou pire).
La France, tout comme beaucoup de ses voisins, n’applique pas la convention de 1951 sur le statut des réfugiés. Les seules personnes à obtenir désormais le statut de réfugié sont celles qui peuvent montrer qu’elles sont personnellement menacées de mort. Si elles font partie d’un groupe (ethnique, religieux, politique, ou autre) qui fait l’objet de traitements inhumains ou de persécutions, cela ne suffit plus à obtenir l’asile.
Avoir été violé, blessé au couteau, passé à tabac, avoir vu ses proches se faire exécuter, ne suffit désormais lus à obtenir l’asile. Si le père de M. Sarkozy demandait l’asile politique aujourd’hui il aurait peu de chances de l’obtenir (mis à part le fait que puisque la Hongrie est désormais membre de l’Union Européennes, un Hongrois n’aurait pas besoin de demander l’asile en France pour pouvoir séjourner sur le territoire). Des juifs d’europe menacés de déportation n’auraient peut-être pas non plus obtenu l’asile en France dans les conditions actuelles. En effet, il a été refusé à de nombreuses personnes appartenant à des groupes dont il est avéré qu’ils sont collectivement persécutés voire exterminés.
Si un jour, la France sombrait de nouveau dans la barbarie et que les gens (parmi lesquels il y aurait peut-être les enfants de M. Sarkozy) devaient fuir les persécutions pour demander l’asile politique à l’étranger, j’espère qu’on les accueillerait avec plus d’humanité que nous le faisons ici en ce moment.
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Le 28 décembre dernier, l’autorité américaine de réglementation des médicaments et de l’alimentation, la FDA (Food and Drug Administration), a annoncé que la viande et le lait d’animaux clonés pouvaient être mangés sans danger.
Cette décision basée sur plusieurs études ouvre la voie à une alimentation d’un genre nouveau: le clone-food. L’intérêt du clonage par rapport à la reproduction classique est de pouvoir reproduire indéfiniment les meilleurs animaux. Selon Stephen Sundolf, directeur du centre vétérinaire de la FDA, “le clonage ne comporte pas de risques particuliers pour la santé des animaux comparé à d’autres technologies de reproduction actuellement en usage dans l’agriculture américain”.
Monsieur Sundolf a expliqué que les produits issus d’animaux clonés ne sont pas plus dangereux que ceux issus d’autres animaux. “Sur la base de l’analyse de centaines d’études et de rapports sur la santé et la composition alimentaire des clones et de leur descendance, il a été déterminé que la viande et le lait d’animaux clonés et de leur descendance sont aussi propres à la consommation que la nourriture que nous mangeons tous les jours.”
La décision de la FDA autorise la commercialisation de produits issus de clonage après une période de 90 joursayant pour but de permettre au public de faire des commentaires.
Et les commentaires pleuvent. Les associations de consommateurs d’outre-atlantique tirent la sonnette d’alarme, arguant notamment que selon d’autres études les animaux clonés ne seraient pas en aussi bonne santé que les animaux normaux.
Comme l’avait prédit il y a quelques années M. Claude Vorilhon, alias sa sainteté Raël, les hommes pourraient bientôt se nourrir de viande et lait de clones…
Doit-on avoir peur de cela, doit-on s’en réjouir, s’en moquer? Très sincèrement, je ne sais pas quoi penser.
La marche de la civilisation me semble avoir été une marche de la culture contre la nature. Si le clonage est contre “nature”, alors la fertilisation artificielle des vaches (pratiquée pour les faire donner du lait plus tôt) est elle aussi contre nature, l’alimentation aux antibiotiques des poulets, le gavage des oies, la chirurgie, les transfusions sanguines, les voitures, les avions, l’internet sont contre nature. Philosopher, rêver, aimer pourraient aussi être considérés comme des actes contre nature. Après tout, est-ce que les singes, les poissons ou les plantes philosophent?
Toutefois, malgré cela, je dois avouer qu’au fond de moi une intuition ou une superstition me dit que cette histoire de viande clonée ne sent pas très bon. Je ne peux pas vraiment aller plus loin sur ce sujet car n’étant pas scientifique, je ne suis pas en mesure d’apprécier la crédibilité des études auxquelles se réfère le FDA, toutefois je ne me sens pas très à l’aise quand je pense à ces produits qui se retrouveront bientôt dans les assiettes des consommateurs américains. J’imagine qu’il sera encore possible d’acheter des viandes ou des laits “purs”, mais peut-être deviendront-ils plus chers que les produits issus de clones, de telle sorte que seuls ceux qui auraient assez d’argent puissent se les offrir.
Je ne suis pas un scientifique mais en tant que citoyen plusieurs questions me viennent à l’esprit:
- Tout d’abord pourquoi ne pas attendre un peu plus? Les premiers clones datent de la fin des années 1990 (Dolly la brebis a été clonée en 1996), beaucoup ont été ratés, sont morts rapidement, se sont avérés plus faibles que les originaux, etc… Si leur viande avait des effets secondaires à plus long terme, par exemple de véhiculer plus facilement des maladies qui mettent des années à être décelées telles que celle du prion, on ne pourrait pas encore le savoir. Un des principes clés du développement durable n’est-il pas le principe de précaution? Je me demande donc si une décision aussi rapide (moins d’une dizaine d’années) de la part de la FDA n’est pas le résultat de l’insistance de certains lobbies de l’agro-alimentaire favorables au clonage.
- La viande clonée est censée permettre d’améliorer la quantité et la qualité de la production. Mais nous sommes déjà en surproduction. De plus les enfants occidentaux mangent trop de viande et sont en surpoids… Avons-nous besoin de davantage de viande?
Et puis cette viande de clone, si on me dit qu’on la produira pour nourrir ceux qui meurent de faim dans le monde alors je me demanderai simplement pourquoi on ne l’a pas fait avant (puisque nous produisons déjà assez pour nourrir la planète).
Pour en savoir plus, voici quelques articles:
