Bouts du monde – Blog de Keyvan Sayar


Diamants éternels
janvier 24, 2007, 11:18
Classé dans : Société(s)

En ces jours on où parle beaucoup de l’industrie du diamant à l’occasion de la sortie en France du film Blood Diamond, je voudrais vous présenter une société dont les activités m’ont particulièrement surpris. Son nom est Life Gem (“joyau de vie”) et son métier est de transformer les cendres de vos proches en… diamants!

Life Gem

En effet, grâce aux techniques modernes il est possible de créer des diamants à partir du carbone de cendres humaines. A l’issue d’une procédure complexe Life Gem produit un ou de plusieurs diamants à partir d’une partie des cendres. Les pierres peuvent ensuite être montées et portées par les proches du / de la défunt/e.

Je dois vous avouer que ma première impression a été très mitigée quand j’ai découvert cette société. Pourtant j’avais aussi envie d’en savoir plus. De comprendre comment on pouvait fabriquer des diamants avec des cendres, de connaître un peu mieux leur démarche… J’ai entendu parlé de Life Gem pour la première fois aujourd’hui, cependant la société semble grande et connue. Elle vend ses services en Amérique, au Japon et en Europe (notamment en France).

Après avoir visité le site et vu quelques vidéos je ne suis plus dérangé par l’idée de conserver un/e proche dans un diamant. Je ne suis toutefois pas tenté d’avoir recours aux services de cette société.

Pour les curieux qui se demandent comment on peut fabriquer des diamants, voici quelques infos:

Les diamants naturels sont des minéraux qui ont été exposés à une température d’environ 2000 degrés pendant plus de 2000 ans. Le diamant est la matière la plus dure à la surface de la terre. Depuis 1953, on peut également “fabriquer” les diamants. On qualifie ces diamants de synthétiques mais ils ont les mêmes propriétés que les diamants naturels. C’est grâce à cette technique que l’on transforme les cendres en diamants.

Le travail de sociétés comme Life Gem consiste à recréer les conditions de formation de diamants à partir de carbone. Lors d’une première étape le carbone des cendres est prélevé. Lors d’une deuxième étape il est chauffé et changé en graphite. La troisième étape est celle de la “transformation” en diamant.

Des machines très perfectionnées permettent de faire en peu de temps un travail qui, dans la nature, prendrait des millénaires. La quantité de cendres demandée est 8 onces (soit 227 grammes). Life Gem réalise également des diamants à partir de cheveux (elle a notamment réalisé des diamants à partir des cheveux de Beethoven). Il est donc possible de se faire faire un diamant de son vivant. La société accepte aussi les animaux de compagnie.

La société Life Inc propose des diamants sans couleur (comme les diamants naturels) mais aussi des diamants colorés (verts, bleus, rouges, jaunes). Les prix vont de 3900 euros pour un petit diamant à 18400 euros pour un grand diamant.

Mon but n’est évidemment pas de faire de la publicité pour cette société, mais si vous voulez en savoir plus, jetez un oeil sur leur site web.

Voici aussi un reportage de NBC.



Dialogue entre les civilisations
janvier 20, 2007, 10:02
Classé dans : Société(s)


J’entends souvent dans les médias des gens dénoncer plus ou moins directement le multiculturalisme. La présence de cultures différentes sur le sol d’un pays constituerait une menace. En France, certains personnages politiques (de gauche comme de droite) disent que des pratiques prônées par certaines cultures ou certaines religions ne sont pas compatibles avec la vie en république. Partisan des droits de l’homme je suis tout à fait heureux que sur le sol français les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits. Je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Mais je voudrais partager la vidéo ci-dessus avec ceux qui affirment régulièrement que le mélange des cultures est dangereux. Les influences, ça va dans tous les sens. Pour chaque “Français” qui se convertit à une religion qui n’était pas celle de ses parents, il y a dix “Français d’origine étrangère” qui s’assimilent à la culture française. Je ne dis ça ni avec joie, ni avec tristesse. C’est un fait simple: la culture dominante d’un pays exerce une influence bien plus grande sur les gens que les cultures minoritaires. Alors du calme… et surtout du respect, svp.



Superman noir
janvier 11, 2007, 10:31
Classé dans : Société(s)


En regardant pour la première fois ce sketche de Thomas Ngijol j’ai beaucoup ri mais j’ai aussi été troublé par l’introduction de l’humoriste: “Superman il s’est foutu de notre gueule. Ce mec là il sauve des petites vieilles, il éteint des immeubles en feu, mais quand il passe au-dessus de l’Afrique il fait semblant de pas nous voir”.

Ce qui m’a troublé c’est que ça m’ait fait rire. Ca m’a fait rire parce que c’est profondément vrai. Et toutes ces années où j’ai regardé gamin tel ou tel superhéros utiliser ses pouvoirs incroyables pour sauver un enfant qui allait se faire écraser alors que dans tant de coins du monde il y avait la guerre et la misère où ce même superhéros aurait pu sauver des vies à la pelle… Pendant toutes ces années on m’a indirectement éduqué à trouver ça plus normal que l’on améliore la vie de mes concitoyens plutôt que l’on sauve la vie des personnes habitant des parties plus éloignées du monde.
On m’a aussi appris à considérer que mon monde et ses capitales (New York, Washington, Los Angeles) étaient le centre de l’univers.

Si des extra-terrestres découvraient notre planête, je me demande bien quelles parties du monde ils trouveraient les plus intéressantes, quelles philosophies ils trouveraient les plus intelligentes, quelles sociétés ils trouveraient les plus justes. S’ils devaient choisir un pays dans le monde, ils ne choisiraient peut-être pas celui de Superman…



Kissinger, Benoît XVI et autres complications
janvier 8, 2007, 12:01
Classé dans : Religion

Il y a quelques semaines, une nouvelle annoncée par le quotidien italien La Stampa a surpris beaucoup de commentateurs: l’ex-secrétaire d’état américain Henry Kissinger serait devenu conseiller du pape. L’information a été immédiatement reprise dans de nombreux médias. Le job du prix nobel de la paix aurait été de conseiller le pape sur les questions internationales. D’après des sources très averties et très anonymes, M. Kissinger aurait rencontré le pape lors d’une audience et ce dernier lui aurait proposé de rejoindre une commission chargée de conseiller le saint siège en matière d’affaires étrangères. Le bureau de M. Kissinger n’ayant pas nié ou confirmé l’information, les spéculations sont allées bon train pendant quelques temps.

Certains ont tiré des conclusions parfois rapides (le vatican deviendrait néo-conservateur) ou nauséabondes (dans certains pays on aurait parlé d’un complot papo-judaïque).

On aurait pourtant pu s’intéresser à d’autres aspects de cette information. Si elle était vraie, pourquoi devrait-elle nécessairement signifier que le Vatican tomberait sous le contrôle des Etats-Unis?

M. Henry Kissinger

Ce type de relation a bien eu un précédent: celle entretenue par Jean-Paul II avec Zbigniew Brzezinski. Tous deux originaires d’un même pays, tous deux attachés à un certain nombre de valeurs communes. Brzezinski avait fui la Pologne, Jean Paul II y était resté. Le premier était devenu ministre de Jimmy Carter, le second Pape.

Similairement, Mm. Kissinger et Ratzinger sont tous deux originaires de Bavière. M. Kissinger a été contraint de fuir l’Allemagne durant le seconde guerre mondiale, M. Ratzinger y a grandi. Le premier est devenu ministre de Richard Nixon et Gerald Ford, le second Pape.

En outre, il est important de souligner que le Vatican fait souvent appel aux conseils et à l’expertise d’intellectuels de tous bords. Depuis son élection Benoît XVI a mis un point d’honneur à dialoguer avec des gens de toutes les sensibilités. Ses invités vont des athées aux scientifiques en passant par les musulmans ou les bouddhistes. Même s’il est profondément attaché à ses croyances, le pape actuel consulte régulièrement des gens très différents. Que Kissinger devienne un conseiller permanent ne signifierait donc pas forcément que le Pape n’écouterait plus que lui.

Puis les spéculations ont cessé quand un porte-parole du Vatican a démenti très officiellement l’information. M. Kissinger se serait juste entretenu avec le pape une fois et sa prochaine collaboration avec le Vatican se ferait dans le cadre d’une conférence, rien d’autre. Pétard mouillé, donc. Et même pour un pétard, ce n’aurait pas été grand chose.

Le pouvoir du Vatican a considérablement décru au fil des siècles. Le principal pouvoir restant au pape, c’était la communication et il semble pour le moment clair que Benoît XVI n’emballe pas autant les foules que son prédécesseur. Sa principale façon de peser sur les “affaires étrangères” serait d’exister politiquement, de compter dans le coeur des gens. C’est quelque chose que les meilleurs (ou les pires) conseillers politiques ne peuvent pas faire à sa place.