Classé dans : Politique
Après des moments très mouvementés ces derniers mois, le Pakistan semble vraiment tomber dans une forme de chaos pré-révolutionnaire qui ne laisse pas présager que des bonnes choses. Etat militaire presque depuis sa formation, le “pays des purs” (sens étymologique du mot Pakistan) traverse actuellement une crise majeure dont l’issue demeure incertaine.
Malgré sa récente réélection, Pervef Musharraf a durci ces dernières semaines la répression à l’égard des opposants au régime, un signe s’il en est de la difficulté qu’il a de contrôler le pays.
Dernière cible en date: Asma Jahangir. Présidente de la commission pakistanaise des droits humains et rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de religion, Asma Jahangir est une avocate laïque qui milite depuis des années pour un Pakistan pacifique et respectueux des droits humains. Elle se trouve aujourd’hui assignée à résidence chez elle à Lahore pour une durée de 90 jours et ne pourra donc pas, malgré un appel envoyé ce jour par Ban Ki Moon au président pakistanais, participer à la prochaine session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Elle dispose toujours pour le moment d’une connection à internet et est bien décidée à s’en servir. Dans un message envoyé aujourd’hui à Avaaz.org, elle explique:
La presse et les avocats sont fortement réprimés…
Le Président de la cour suprême est en résidence surveillée (ce n’est pas officiel). Le président du barreau de la Cour suprême (Aitzaz Ahsan) et deux de ses prédécesseurs, messieurs Muneer Malik et Tariq Mahmood, ont été emprisonnés pour un mois, sous le coup des lois de détention préventive… D’autres hommes politiques-clés ont été également arrêtés. Hier, j’ai été assignée à résidence pour trois mois. Le Président (qui perd le contrôle) a déclaré qu’il devait immobiliser la presse et les autorités judiciaires pour lutter contre le terrorisme. Les personnes qu’il a arrêtées sont progressistes et laïques alors que les terroristes se voient proposer négociations et cessez-le-feu.
Les avocats et la société civile vont défier le gouvernement, et la situation a bien des chances d’empirer. Nous voulons que les amis du Pakistan demandent à l’administration des Etats-Unis d’arrêter tout soutien à un dictateur instable , dont la soif de pouvoir est en train de mener le pays près de la pire forme de querelles civiles…
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