Bouts du monde – Blog de Keyvan Sayar


Ken Saro Wiwa Street
novembre 13, 2008, 10:44
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A Dublin, des activistes ont renommé la rue où se trouve le siège irlandais de la société Royal Dutch Shell “Ken Saro Wiwa Street”. Un bel hommage à l’écrivain et au défenseur du peuple Ogoni victime de l’exploitation à tout prix des ressources naturelles du Nigéria par la compagnie pétrolière. Ken Saro Wiwa a été pendu pour avoir résisté (et organisé la résistance) à l’exploitation pétrolière sur la terre des Ogonis.



Will.I.am toujours synchro
novembre 11, 2008, 11:38
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Pile poil. Juste au bon moment. A peine les bannières décrochées et les confettis balayés, Will.I.am sortait déjà son nouveau single “It’s a new day” célébrant la victoire de B.H.O. Lui qui avait donné au discours “Yes we can” une dimension messanique grâce à un clip télévangéliste joli et efficace sonne à présent les cloches de la récréation avec un morceau festif plein d’engouement. Si j’étais une mauvaise langue, je dirais qu’il a probablement écrit et enregistré sa chanson (et tourné son clip) avant la fin des élections pour être diffusé un peu partout immédiatement – battre le fer tant qu’il est chaud -. Mais je ne suis pas une mauvaise langue.

Je comprends bien pourquoi on peut considérer qu’un nouveau jour s’est levé aux Etats-Unis, je comprends la liesse et je la partage… mais je comprends aussi que la campagne de monsieur Obama semble avoir été soigneusement scriptée du début à la fin. Enthousiasmé par l’élection d’Obama mais agacé par le marketing de campagne, je danserai sur cette chanson mais je ne ferai pas de pirouettes.



Jeune, beau et toujours bronzé
novembre 11, 2008, 12:53
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je rêve quun jour, mes quatre enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour leur caractère Martin Luther-King Jr.

"je rêve qu'un jour, mes quatre enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour leur caractère" Martin Luther-King Jr.

Alors que les dirigeants de nombreux pays à travers le monde présentaient la semaine passée leurs félicitations à Barack Obama, le président du conseil italien Silvio Berlusconi expliquait l’air rieur qu’Obama avait tout pour qu’on veuille avoir des relations avec lui car il est “jeune, beau et toujours bronzé“. Venant d’une responsable politique sensé s’exprimer au nom de tout un pays – et qui plus est d’un élu dans la même coalition que la xénophobe Alliance du Nord – ces mots n’ont pas eu l’effet humoristique escompté… Loin de là. Et on peut vraiment se demander si M. Berlusconi, qui prône la chirurgie esthétique comme un devoir pour tous ceux qui peuvent se la payer, qui confie à des ex-mannequins des portefeuilles ministériels les a réellement prononcés sur le ton de la boutade ou s’il les adressait à la partie de son électorat située à droite de la droite. Ca fait froid dans le dos, ça donne mal au ventre. Je n’aimerais pas être noir en Italie.

Mais bon de l’autre côté il y a aussi l’Italie qui résiste, l’Italie qui est bouleversée de voir M. Berlusconi réélu. Voyez par exemple la campagne web intitulée “I’m Italian and Mr Silvio Berlusconi is NOT speaking in my name



Derrière l’Obamania française…
novembre 9, 2008, 11:46
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C’est après avoir regardé ce soir un énième débat télévisé sur Barack Obama vu par les politiques français que je me suis décidé à écrire ce post. Oui j’ai été content que John McCain ne soit pas élu. Oui j’ai bien été trinquer pour célébrer la victoire du candidat démocrate (j’avais invité les gens à venir le faire en soulignant que nous trinquerions au départ de G.W. Bush plus qu’à l’arrivée du nouveau président). Oui j’ai suivi avec intérêt la campagne présidentielle états-unienne (même si je l’ai trouvé vraiment effrayante – j’ai l’impression qu’on plonge à chaque élection davantage dans le marketing et l’empathie au détriment de la réflexion politique)… Oui, oui, oui. Toutefois je commence à en avoir un peu marre d’entendre des gens faire les louanges de Barack Obama à toutes les sauces. Réjouissons-nous énormément du fait qu’un métis qui, il y a à peine cent ans, aurait – comme toutes les autres personnes de couleur – encore risqué de se faire lyncher dans certaines parties du pays se soit vu confier par une majorité nette ces responsabilités si importantes. Ca je m’en réjouirai chaque jour pendant encore très longtemps. Mais pour le reste, laissons ce monsieur se préparer, laissons-le travailler et jugeons le sur pièce.

Derrière l'Obamania

Derrière l'Obamania des responsables politiques français, la volonté des partis politiques de confier à des "non-blancs" des positions éligibles reste faible.

Une chose qui m’agace plus particulièrement, ce sont toutes ces discussions franco-françaises sur le président états-unien. Aujourd’hui dans l’émission de Serge Moati comme au cours des mois passés, des représentants des deux grands partis politiques se battent pour réclamer la filitation idéologique entre leur parti et le parti démocrate – des disputes qui ne sont pas sans rappeler celles qui eurent lieu lors de l’accession du jeune leader du New Labour britannique Tony Blair au poste de premier ministre en 1997.

En juillet dernier, le président Sarkozy avait posé – ravi, le sourire jusqu’au oreilles – en compagnie du candidat démocrate puis avait envoyé en octobre son conseiller Pierre Giacometti suivre de près sa campagne – intégrant l’équipe de campagne pendant une semaine afin de faire un rapport détaillé au président et d’identifier des techniques et stratégies innovantes qu’il pourrait utiliser en 2012. [Il est toutefois important de préciser - pour la petite histoire - que Nicolas Sarkozy avait bien entendu également reçu monsieur McCain durant la campagne]. En parallèle, les socialistes avaient affiché leur soutien à la candidature du jeune sénateur démocrate (on se souvient que Ségolène Royal – qui avait misé sur le mauvais cheval – avait été snobée par Hillary Clinton, d’abord intéressée par une rencontre pendant leurs campagnes respectives, puis effrayée d’être taxée de socialiste – un gros mot outre atlantique), Pierre Moscovici évoquant avec nostalgie les conventions démocrates auxquelles il avait assisté, Martine Aubry s’inspirant du site du candidat pour élaborer le sien et gratifiant Youri Mazou – candidat PS aux cantonales de Sarcelles – du surnom d’”Obama de Sarcelles” car il est “l’avenir du parti”. Côté centre, François Bayrou se réjouissait récemment du fait qu’un homme de la même famille politique que lui ait été choisi par les états-uniens (sous-entendait-il que le moment n’allait pas tarder à venir en France non plus?)… et ces débats sans fin pour savoir si les démocrates pouvaient être comparés aux socialistes, si Obama serait membre du PS, de l’UMP ou du Modem s’il était français… Je trouve que Yamine Soum et Vincent Geisser ont assez bien répondu à cette question dans un article paru dans Politis en octobre dernier: si Barack Obama était français, il y a de fortes chances qu’aucun parti n’ait soutenu sa candidature… ou alors elle tiendrait lieu de symbole mais ne se traduirait pas dans les faits par une mixité d’origines dans la représentation politique. Voici un extrait de leur article:

On pourrait se féliciter de voir les responsables politiques français exprimer leur hantise du spectre racial et promouvoir une société multiculturelle et fraternelle, dont l’élection d’Obama serait le symbole. Mais, cette « société idéale », veulent-ils la voir se réaliser chez eux ? Un « Obama français », qui aurait plus de chances de s’appeler Mamadou, Fatouma ou Souleymane, est-il concevable en France ? C’est là où le bât blesse : l’Obamania à la française semble fonctionner comme une entreprise de déculpabilisation collective, voire comme une sorte de « dérivatif » exotique, qui esquive le fond du problème. Car, en dépit du nouvel engouement pour la « diversité », les partis politiques de l’Hexagone sont rongés par des discriminations quasi structurelles qui frappent en premier lieu les Français issus des migrations et des DOM-TOM, condamnés aux arrière-cuisines de la politique. Les derniers résultats des élections législatives de 2007 et des élections municipales de 2008 ne démentiront pas ce ­sombre constat : la « vague blanche » a déferlé sur nos assemblées politiques lo­cales et nationales, consacrant la domination inébranlable des notables gérontocrates, laissant quelques miettes à des candidats dits de la « diversité » qui ont dû se contenter des seconds rôles ou de places de figurants. En France, les minorités « visibles » sont étonnamment « invisibles ». Tout se passe comme si le système politique fonctionnait selon un « ordre mélanique », comme le souligne le sociologue Pap Ndiaye : la représentativité politique des individus et des groupes s’établirait en fonction du degré de pigmentation de la peau, les Noirs étant relégués au bas de la hiérarchie mélanique, les Arabes et les Beurs occupant une position intermédiaire. Les Noirs ont toujours fait l’objet d’un traitement ambivalent de la part des responsables, à la fois valorisés comme contre-feux exotiques aux « Arabo-musulmans » et enfermés dans un rôle ­d’éternels grands enfants. Une stigmatisation positive qui n’en est pas moins humiliante et pénalisante. […]
Plus que de racisme, les élites politiques françaises enchantées par Obama semblent atteintes de « placisme » : un syndrome qui se traduit par une véritable obsession des notables locaux et nationaux à garder leur place et surtout à tout faire pour que cet Autre (Black, Beur, Domien…) n’y accède jamais. Au début des années 1960, le cé­lèbre psychanalyste antillais Frantz Fanon écrivait : « La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les li­mites. » En 2008, l’Obamania à la française ressemble fort à un « vote par procuration » qui se serait perdu dans les méandres de la poste transatlantique.

On ne peut que se réjouir du fait que les principaux partis politiques français accueillent tous avec enthousiasme le nouveau président des Etats-Unis (même Jean-Marie Le Pen lui a adressé ses félicitations – avec toutefois quelques sarcasmes et quelques réserves), seulement afficher une sympathie pour M. Obama ne peut pas dégager les politiques de leurs responsabilités. Faire vivre les principes de liberté, égalité et fraternité ça demande un peu plus d’engagement que quelques bonnes paroles prononcées sur un plateau télé et visant surtout à s’associer à quelqu’un de populaire pour faire parler de soi et embellir son image.



Cauchemar Palinien
novembre 2, 2008, 11:43
Classé dans : Politique

Je vais l’écrire comme je le pense: Sarah Palin me fait vraiment peur. Je sais que pas mal de monde avait raillé l’acteur Matt Damon quand il affirmait que Palin l’effrayait et appelait les électeurs à voter démocrate mais je pense qu’aujourd’hui on en a assez vu pour pouvoir légitimement craindre le pire.

C’est aussi ce que pense l’auteur du blog “Things younger than John McCain” (blog cruel qui liste les choses qui sont plus jeunes que John Mc Cain: la scientologie, les Rolling Stones, Snoopy, le scrabble, la péniciline…). Répondant souvent à côté de la plaque, avec des connaissances politiques clairement limitées, Sarah Palin ferait un drôle de vice-président, c’est la raison pour laquelle le blogueur a lancé une pétition en ligne demandant à ce que Mme Palin soit invitée à passer l’examen INS (que les étrangers sont obligés de passer pour pouvoir être naturalisés)…

"ton CV? oublie! T'es super jolie et j'ai pas envie d'embaucher le noir"

Le féminisme post-Palin:



The T Word
novembre 1, 2008, 8:07
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Madame Sarah Palin

Madame Sarah Palin

Invitée de Brian Williams sur la chaîne NBC, le 23 octobre, la colistière du candidat républicain à la présidence états-unienne s’est vu poser une question des moins confortables. Elle avait brandi la menace terroriste à tout va et reproché à Obama de “copiner avec des terroristes” (“palling around with terrorists” – référence à Bill Ayers, professeur d’université, ancien activiste de gauche dont le groupe, les “Weatermen” avait posé des bombes dans les années 1970. Bill Ayers et Barack Obama se sont connus à Chicago et sont tous deux membres du conseil d’administration de la Fondation Woods de lutte contre la pauvreté), mais ce soir-là elle a été mise à mal par la question du présentateur: les personnes qui posent des bombes dans les cliniques d’avortement doivent-ils être considérés comme des terroristes?

Réponsé gênée: “je ne sais pas si on peut les qualifier de terroristes”…

Voila qui permet de clarifier la définition de ce concept galvaudé: tuer des innocents au nom d’une idéologie extrémiste c’est du terrorisme, occir des pécheurs pour accomplir la volonté du tout-puissant, ce n’est certes pas très sympa, mais ce n’est pas du terrorisme. Bravo les “double standards”!