Classé dans : Politique | Mots-clefs: Droits de l'Homme, Nicolas Sarkozy, Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme
L’Elysée a annoncé aujourd’hui la composition du nouveau gouvernement Fillon. Dans la nouvelle équipe ne figure plus de Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme. Nicolas Sarkozy, qui avait promis en tant que candidat d’être le “président des droits de l’Homme“, avait créé ce poste au Quai d’Orsay à la demande de Bernard Kouchner et confié la tâche à la jeune Rama Yade. Un véritable challenge puisqu’il s’agissait pour elle non seulement de travailler sous la tutelle d’un ex-socialiste mais aussi de faire vivre un thème qui ne collait pas toujours avec les intérêts diplomatiques de la France. Rama Yade s’est pourtant appliquée à ne pas rester silencieuse même quand le président lui demandait de se taire. Ainsi quand Muammar Khadafi était reçu en grande pompe à l’Elysée, Mme Yade déclarait à la presse que la France n’était pas un paillasson sur laquelle des dictateurs pouvaient venir s’essuyer les pieds. Plus tard, sur nombre d’autres dossiers elle a également pris parole (à défaut de faire davantage). Rama Yade écrivit un livre (Les droits de l’Homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans), déclina la proposition de place éligible aux européennes (en indiquant que l’Europe n’était “pas [son] truc” et qu’elle avait encore plein de choses à faire sur les droits de l’Homme). Seulement voila, le président Sarkozy qui voulait transformer le ministère des affaires étrangères en un “ministère de la mondialisation“, faire de la France une force motrice pour la promotion des droits humains dans le monde a mis de l’eau dans son vin et a décidé d’éliminer ce portefeuille devenu gênant. Rama Yade, elle, a été reléguée promue aux sports, comme si l’important n’était après tout pas tant son expertise ou son engagement mais ses qualités de gestionnaire/représentante/femme politique populaire.

Rama Yade
Certes ce poste n’était vraiment pas facile à occuper, certes il nous mettait face à nos contradictions (d’un côté nos principes, de l’autre les concessions que nous faisions), certes sans réels moyens ce poste était juste un symbole… seulement le supprimer revient également à abandonner cette promesse de campagne qui a tenu à coeur à beaucoup de Français: que le pays autoproclamé “des droits de l’Homme” oeuvre à les promouvoir davantage dans ses relations avec le reste du monde (cf. Nicolas Sarkozy en campagne: “Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes“).
A chacun de juger le travail effectué par Mme Yade. Il n’en reste pas moins que mettre le secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme à la poubelle après seulement deux ans d’existence est un triste aveu d’échec.
14 commentaires jusqu'à présent
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Toute religion qui ne respecte pas les droits de l’homme est vouée à l’échec et doit être déclarée illégale…
Commentaire par authier juin 24, 2009 @ 11:16Encore faut-il s’accorder sur une définition des droits de l’Homme et de leur hiérarchie… aujourd’hui on dit tout et son contraire au nom des droits de l’Homme. Au nom du droit à la vie on interdit l’avortement, au nom du droit au choix on l’autorise, au nom du droit à la liberté de d’expression on autorise des médias, au nom du droit au respect de la vie privée, ou de la raison d’Etat -notre droit collectif à la sécurité- on censure… dur dur de s’y retrouver parfois. Et puis avec la multiplication des droits (droits de 2e, 3e générations), tous les pays violent les droits de l’Homme, et comme on ne hiérarchise pas ces droits, tout le monde est coupable donc personne ne l’est (tuer arbitrairement ou torturer est aussi grave que ne pas protéger les langues minoritaires…).
Commentaire par Keyvan Sayar juin 24, 2009 @ 1:04Bonjour
Effectivement, autant supprimer un secrétariat aux Droits de l’Homme qui servait essentiellement d’alibi à un pays se prétendant ” des droits de l’homme”, alors qu’il a manifestement d’autres priorités,économiques par exemple, surtout depuis le début de ” la crise”.
La crise des Droits de l’homme dûre,elle, depuis bien plus longtemps en France, notamment depuis la création d’une liste noire de minorités considérées comme “sectes dangereuses” par l’inquisition moderne que représente aujourd’hui la MIVILUDES, hier la MILS.
Et les politiques français, leur président en tête, auront beau jeu de condamner le non-respect des Droits de l’Homme dans d’autres pays, essentiellement ceux qui ne présentent pas d’intérêt économique.
Et je n’ai entendu, pour l’instant,aucun commentaire médiatique à ce sujet ; peut-être que pour eux non plus, ça ne représente aucun intérêt économique !
René Jourdren
Commentaire par René Jourdren juin 24, 2009 @ 2:30Raelien
Je pense que vous mettez le droit sur le problème: même si la secte n’existe pas comme concept juridique en France, certains veulent interdire des groupes qu’ils classent dans cette catégorie au nom des droits de l’Homme (protection contre la manipulation, protection des enfants contre le prosélytisme…pour qu’ils puissent jouir de leur liberté de choix plus tard), d’autres veulent les autoriser au nom des droits de l’Homme (liberté de culte et de conscience). Mais si je ne me trompe pas le mouvement raélien n’est pas interdit en France, n’est-ce pas?
Commentaire par Keyvan Sayar juin 24, 2009 @ 2:57Effectivement, le Mouvement Raëlien n’est pas interdit, je ne vois pas pourquoi il le serait, nous ne faisons rien de mal ! Bien au contraire, nous militons pour la paix, l’amour et la fraternité et pour que les Droits de l’Homme deviennent la religion des religions sur la planète ! Je déplore également la suppression de ce secrétariat d’état alors qu’une économie plus utile serait de cesser les subventions à la MIVILUDES, quitte à les consacrer à la lutte contre le viol, le trafic de drogues, la violence à l’école, le suicide des jeunes, les accidents de la route…
Commentaire par Andréoulis juin 24, 2009 @ 4:36Je n’ai rien contre la philosophie raélienne et je pense également que le monde a besoin d’amour, de paix et de fraternité. Quelque soit la religion qu’on a (ou qu’on n’a pas d’ailleurs) il faut vivre ensemble, et tâcher d’aller, au-delà de la tolérance, vers le respect de chacun. Je pense toutefois que la situation des sectes est réellement préoccupante et qu’il est bon d’avoir des organismes qui suivent leur développement afin que nos élus puissent prendre des décisions informées et dans certains cas protéger les gens qui, manipulés, pourraient se faire beaucoup de mal à eux-mêmes ou aux autres. Je fais toutefois la distinction entre les sectes (d’ailleurs le mot est mal choisi car à l’origine il ne désigne pas des groupes ayant vocation à manipuler les gens et abuser d’eux) et les associations cultuelles diverses et variées. Il est tout à fait normal que de nouvelles spiritualités voient le jour, mais il y a parmi les associations cultuelles certaines qui escroquent clairement les gens (les dépouillant de ce qu’ils ont puis les laissant sur le carreau) et/ou qui les amènent à avoir des comportements dangereux pour eux (suicides collectifs) ou pour les autres (viols, meurtres…). Je ne vois pas en quoi il est mauvais qu’un organisme tienne nos élus au courant des nouveaux développements dans ce domaine. Je pense bien entendu que ce travail de veille doit porter non seulement sur les petites associations cultuelles mais également sur les grandes.
Commentaire par Keyvan Sayar juin 24, 2009 @ 5:11D’accord avec vous sur la protection de l’individu. En ce qui concerne la manière de travailler des anti-sectes, désolée, la bienveillance n’est pas leur moteur, c’est plutôt la rumeur et la délation. Le travail de la commission interministérielle 1995 qui a “répertorié” à l’époque 172 sectes était basé sur les témoignages de dépités des sectes entendus pendant une heure chacun, et sur des rapport baclés des RG.Objectivité ? Que nenni ! Le dernier rapport de la Miviludes recense 607 ssectes !! Ne trouvant rien à glaner dans les 172 précédentes, ils ont ajouté les psy soupçonnés de pratiquer les “souvenirs induits”. Permettez-moi de douter de l’honnêteté de ces rapports et de vous laisser le choix de mettre l’escroquerie du côté qui plait à votre conscience, et de deviner à qui profite le crime ! Au fait on parlait de la suppression du poste de Rama Yade …les contradictions pourront donc s’estomper…Bien heureusement il restera toujours la Cour Européenne !
Commentaire par Andréoulis juin 24, 2009 @ 6:09C’est vrai nous avons glissé d’un sujet vers un autre. En ce qui concerne le travail mené par divers organismes sur les sectes (et dont -contrairement à vous- je ne connais pas les détails), je pense qu’il est essentiel que les enquêtes ne s’intéressent pas seulement à ce que les groupes affirment mais également aux témoignages d’anciens membres. Dans beaucoup de cas, ceux que vous qualifiez de dépités ont subi de grands traumatismes et certains ont même fait l’objet de menaces graves (je dis ça en pensant à une personne particulière dont j’ai connu l’histoire réellement et pas à travers des rapports). Je pense qu’il faut mener des recherches approfondies, croiser autant de témoignages que possible et donner l’occasion aux groupes de s’expliquer. Les entreprises de manipulation et d’endoctrinement qui ont existé au long de l’histoire sont légion, c’est quand même normal de garder un oeil sur ce qui se passe dans ce domaine pour protéger les gens contre les manipulations à des fins d’extortion ou afin de transformer les gens en meurtriers, non?
Commentaire par Keyvan Sayar juin 25, 2009 @ 12:41Quand je parle de dépités des “sectes”, je connais des personnes qui ont quitté le mouvement raëlien et l’ont dénigré par la suite alors qu’elles étaient impliquées à fond. N’est-ce pas humain que de ne pas vouloir reconnaître que l’on a fait fausse route et de bruler ce qu’on a adoré ? Peut-on dans ce cas faire un témoignage objectif ? Quant à votre ami qui a fait l’objet de menaces il a sans doute eu affaire à quelqu’un qui a laissé ses émotions prendre le dessus. Personne n’est parfait ! D’accord pour donner l’occasion aux différentes mouvances de s’exprimer. Cela n’existe que très peu dans les médias. Ceux qui savent très bien nous manipuler auraient-ils peur d’être manipulés à leur tour ? La campagne anti-sectes aurait pris sa source dans la concurrence des sorcières ( médecines parallèles, bien être sans prise de remèdes chimiques !)) avec les lobbies pharmaceutiques. Voir les sites intelligents tels que : http://www.politiquedevie.net/ ou les déclarations de sociologues des religions tels que Raphaël Liogier, Anne Morelli, Nathalie Lucas. Vous verrez l’étendue de la “chasse aux sorcières”. Bon week end !
Commentaire par Andréoulis juin 26, 2009 @ 9:11Si vous trouvez légitime que l’émotion prenne “le dessus” quand des gens voient le groupe auquel ils appartiennent critiqué par d’anciens adeptes… jusqu’où est-il légitime que l’émotion aille? Le harcèlement? Les menaces? La violence? Et s’il est légitime pour le membre d’un groupe de laisser son émotion prendre le dessus, n’est-il pas légitime pour les anciens adeptes traumatisés de laisser l’émotion prendre le dessus? C’est pour cette raison que je dis qu’il faut croiser les témoignages. C’est pour cette raison que je dis qu’il ne faut pas juger des groupes uniquement à l’aune des propos de leurs détracteurs. Ce qui me semble particulièrement compliqué avec la religion c’est qu’on touche à ce qui définit les gens. Les gens profondément croyants ont le sentiment au fond d’eux-même que ce en quoi ils croient est une/la vérité. Par conséquent attaquer, critiquer et a fortiori interdire ces “vérités” est toujours quelque chose de très violent. Je pense au poème de Rumi sur l’éléphant dans la grange obscure que trois hommes touchent dans le noir. Eux qui n’ont jamais vu d’éléphant racontent ensuite leur expérience, le premier qui n’avait touché qu’une jambe dit qu’un éléphant ressemble à un tronc d’arbre, le second qui n’avait touché que la trompe dit qu’il ressemble à un serpent, le troisième qui n’avait touché que la queue dit qu’il ressemble à une corde. Alors ils se disputent indéfiniment, chacun sachant au fond de son coeur qu’il a raison et qu’il est du côté de la vérité. Tous avaient un peu raison mais aucun n’était capable de saisir pleinement cette chose beaucoup plus grande qu’eux.
Commentaire par Keyvan Sayar juin 26, 2009 @ 2:04Concernant le site que vous suggérez, j’irai y faire un tour mais je n’aime pas beaucoup cette idée qui consiste à dire qu’il y a des sites/médias intelligents et d’autres qui ne le sont pas. L’intelligence et l’esprit critique ça ne s’avale pas, ça se passe dans nos têtes. Pour la sociologie des religions sur les “nouveaux mouvements religieux”, je ne connais pas les gens que vous citez (et j’irai aussi chercher leurs travaux) mais j’en profite pour en citer deux que je trouve très intéressants mesdames Grace Davie qui a travaillé sur l’Angleterre et Danièle Hervieu-Léger pour la France. Toutes les deux se sont penchées sur le développement de ce qu’on appelle les nouvelles religions ou les nouveaux mouvements religieux. Parmi ce foisonnement il y a malheureusement un certain nombre d’organisations qui manipulent les gens et abusent d’eux, mais la vaste majorité reflètent tant l’évolution de nos sociétés que de nos cosmogonies. C’est un univers passionnant à explorer.
Personnellement, ça ne vous plaira sûrement pas, mais je ne considère pas le mouvement raélien comme une religion libre. Je note qu’il y a eu des efforts pour régler la question grave des abus sexuels sur mineurs (on se souvient des 4 guides raéliens condamnés non seulement par la justice française mais également par Raël qui semble depuis avoir “serré” les vis et changé de discours sur l’initiation sexuelle des jeunes). Je note aussi qu’il y a peu de pressions exercées sur les gens quittant le mouvement (en comparaison avec d’autres mouvements où les gens sont harcelés jour et nuit), même si là aussi on se souvient tout-de-même de cet enregistrement de Raël expliquant au téléphone à un ancien adepte qu’il avait eu tort de partir et qu’il faisait du mal au mouvement. Il n’y a pas non plus de suicides collectifs, d’incitations au meurtre, de saisie des biens (même si à ma connaissance l’argent a une place importante dans l’appartenance au mouvement raélien au sens où il faut donner une part importante de ses revenus, les livres et les objets coûtent cher, la conservation des cellules pour le clônage coûte également cher…). Le reportage des deux journalistes canadiennes ayant infiltré le mouvement raélien ne donne pas une très belle image du mouvement raélien mais elle ne donne pas l’impression non plus qu’on ait à faire à une secte qu’il est impossible de quitter et où les gens sont forcés à faire toutes sortes de choses. J’ai un peu étudié la sociologie des religions et j’ai fait des observations participantes dans plusieurs communautés religieuses. Je remarque que dans beaucoup de cas la dynamique de groupe suffit à pousser les gens à se comporter de telle ou telle façon sans qu’il soit nécessaire de les menacer ou les forcer. Ce qui fait souffrir pas mal d’adeptes “dépités” comme vous dites c’est aussi cela. Plus encore que quand on les force (parce que le moment où on les force ouvertement constitue souvent un point de rupture qui enclenche leur départ). Ce que beaucoup regrettent amèrement c’est d’avoir été possédés par le groupe et de s’être laissés entraîner régulièrement dans des choses qu’ils ne voulaient ou n’aimaient pas faire. Admettre celà (bien que nous le fassions tous un petit peu, partout, à notre façon – céder à la pression sociale, se plier aux injonctions du regard des autres) c’est admettre que l’on a renoncé à soi-même et ça fait très très mal.
Je tiens enfin à dire une dernière chose: je ne souhaitais pas émettre un jugement de valeurs sur la philosophie raélienne, c’est juste que puisque vous avez engagé ce dialogue (passionnant), je voulais répondre aussi clairement que vous, en mettant les cartes sur la table et en vous disant le fond de ma pensée à ce sujet. Je vous prie donc de ne pas prendre mes propos sur le mouvement raélien comme une attaque personnelle. Bon week-end à vous aussi!
Je n’ai pas dit que c’était légitime, certains peuvent commettre des erreurs, ce n’est pas pour autant qu’il faut jeter le blâme sur toute leur mouvance. Curieusement personne ne remet en question le Vatican qui couvre les sévices de ses prêtres sur des enfants ( voir le décret “crimen solicitationis” de 1962 par Mr Ratzinger, sur Wikipédia).
Commentaire par Andréoulis juin 27, 2009 @ 9:29Quant au “procès” des quatre “guides”, je l’ai vécu de l’intérieur et ce n’est pas ce que les médias en ont rapporté. Il fallait “casser de la secte” et les juges s’en sont donné à coeur joie.
La position du mouvement raëlien est très claire sur le thème de l’éducation sexuelle des enfants ” leur expliquer comment s’en servir pour en retirer du plaisir” ne signifie pas y mettre la main, mais par contre l’éducateur peut préciser à l’enfant que cette partie de son corps n’appartient qu’à lui seul et que personne n’y a accès, c’est une prévention contre la pédophilie ( qui est une maladie). Il n’y a rien à changer à ce texte qui figure dans les livres depuis l’origine. Il y a juste à changer, pour ceux qui l’”analysent” leur grille de perception ! Vous n’ignorez pas que le thème de la masturbation est encore mal perçu.
Qu’entendez-vous par religion libre ? Cela me rappelle un cour de Philo qui disait ” être libre c’est être obligé ” …personne ne peut vivre sans loi, chacun établit les siennes et établit ses limites et ses choix. Une croyance est me semble-t-il un engagement, on prend le kit complet ou pas. Ce n’est pas un snack, comme pour certains qui se disent catholiques mais utilisent le préservatif, la contraception sans état d’âme…
Je ne prends pas vos arguments pour une attaque personnelle mais je tiens ici à rétablir les choses puisque vous paraissez ouvert à la discussion, ce dont je vous remercie.
Merci de ces précisions et de ce témoignage. Je crois justement (et c’est ce que soulignent les deux sociologues que je citais) qu’on va de plus en plus vers la spiritualité en kit, façonnée par chacun à son goût. Quand je parle de religion libre je parle de l’idée que pour en être il n’est pas nécessaire de venir à certaines réunions, suivre à la lettre certaines règles, faire l’objet d’une validation ou d’un contrôle par un groupe. Il y a en fait très peu de religions qui correspondent à cette définition. J’ai travaillé sur des mouvements évangélistes et j’ai pu voir par exemple que certains avaient un fonctionnement très très inclusif et qu’il n’était pas possible d’y appartenir sans participer à la vie de groupe (vie de groupe qui peut par ailleurs être très agréable). Dans la wicca par exemple, il y a cette idée que chacun a son propre chemin, doit le découvrir soi-même et que l’on ne se retrouve en groupe que pour partager ou pour célébrer les grandes fêtes de l’année. Ca a pour conséquence une très grande atomicité de la mouvance wicca, avec presque autant de versions de cette spiritualité que d’adeptes.
Commentaire par Keyvan Sayar juin 27, 2009 @ 11:13Je vous remercie moi aussi sincèrement d’avoir pris le temps d’écrire et de débattre. Ce dont nous avons besoin (en tant que société française, mondiale) c’est exactement de ça, de dialoguer ouvertement, respectueusement, d’échanger des idées. Je pense que le grand public devrait aussi mieux connaître toutes ces questions, notamment les groupes qu’on qualifie de sectes et sur lesquels on jette si facilement l’opprobre. Je m’intéresse au divers mouvement religieux depuis de longues années (et je devrais vous dire au passage que j’ai lu le premier livre de Raël) et je suis toujours triste d’entendre des amis dire “ça c’est une secte” avec mépris en parlant de mouvements dont ils ne connaissent rien. Ils ont juste entendu que ces mouvements étaient des “sectes” et les détestent sans chercher à aller plus loin. C’est tragique de tous les points et vue et d’une certaine façon ça contribue peut-être à radicaliser les relations entre la société et ces mouvements. Devenir raélien aujourd’hui, ce n’est pas se convertir à une religion, adopter une philosophie de vie, c’est aussi assumer devant tous ses proches, collègues, etc, le fait d’être “membre d’une secte”, le fait d’adhérer à un mouvement qui n’est pas accepté par le plus grand nombre. Du coup, il y a peut-être du côté des adeptes, qui ont le sentiment d’être incompris (ou parfois méprisés) un rejet de la société, des médias mainstream… qui contribue lui aussi à limiter le dialogue possible. La société ne veut pas entendre parler de ces mouvements, ne veut pas parler avec eux (quand on invite les leaders à la télé c’est généralement pour les coincer, les dépeindre comme des escrocs) et les adeptes eux aussi en conséquence se braquent… bref on ne résoud rien, on n’aide personne, on ne respecte pas les démarches personnelles, on exclut. Qu’en pensez-vous?
A propos du Vatican, je pense qu’en France on se souvient du travail militant du mouvement laïc. Les églises sont désaffectées, noël est une fête de moins en moins religieuse et l’église catholique n’exerce qu’une influence bien modeste en politique (d’ailleurs le Vatican a cessé de donner des consignes de vote aux élections françaises depuis les années 70). En Italie où l’influence du Vatican est encore grande, de nombreux mouvements dénoncent régulièrement cette influence et les propos des papes non respectueux des droits humains (notamment couvrir les prètres pédophiles, rejeter le port du préservatif…). Je pense par exemple à la campagne “No Vatican, No Taliban” du parti radical italien.
Commentaire par Keyvan Sayar juin 27, 2009 @ 1:21Merci de vos constatations pleines de bon sens. J’avais posté une longue réponse qui ne s’est pas imprimée. Je précisais en particulier que les Raëliens qui doivent suivre un plan, une stratégie de “diffusion” sont ceux qui “s’engagent dans la structure”, ceux qui ne le font pas sont libres de venir ou pas aux fêtes et réunions.
Commentaire par Andréoulis juillet 1, 2009 @ 1:24Je déplore également que les médias ne laissent pas s’exprimer les “sectes” car elles ont des solutions à proposer pour améliorer notre société. On a trop vite fait de les taxer d’exercice illégal de la médecine, ou d’endoctrinement, d’”abus d’état de faiblesse”; pour le sens commun, liberté sexuelle signifie licence, alors que cela signifie aussi le droit de dire “non” ! De même que l’explication de la masturbation à son enfant ne signifie pas “pédophilie” mais prévention contre les attaques de pédophiles ! Comme vous l’évoquez plus haut, une personne “faible” ne résiste pas aux quolibets, injures, harcèlements, discrimination, qui sont souvent notre lot.