Bouts du monde – Blog de Keyvan Sayar


République des auditeurs: à qui appartient le King of Pop?
juin 25, 2009, 11:54
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Michael Jackson a été hospitalisé d’urgence aujourd’hui après un arrêt cardiaque, c’est ce qu’affirment ce soir de nombreux médias états-uniens, quelques mois seulement après l’annonce de son grand (et final) come back à Londres pour 50 concerts étalés entre juillet 2009 et mars 2010.

Michael Jackson, le King of Pop, annonçant son retour sur scène en mars 2009

Michael Jackson, le "King of Pop", annonçant son retour sur scène en mars 2009

Je n’ai pas l’habitude d’écrire sur la vie des stars mais je viens d’écrire il y a quelques heures un billet sur la santé de Steve Jobs et la façon dont les journalistes ont revendiqué le “droit de [tout] savoir” [sur sa santé] au nom de la transparence et de la démocratie des actionnaires. Ce soir en faisant un tour sur Google News, j’ai trouvé le même genre de remarques au sujet de Michael Jackson. Dans un article de la chaîne australienne ABC, on s’inquiétait de ce qu’il adviendrait des concerts de cet été dont les billets s’étaient vendus en quelques minutes. Les journalistes précisent qu’à l’époque déjà plusieurs personnes avaient posé la question de la santé de Michael Jackson et que la société AEG Live, organisatrice des concerts, avait indiqué que M. Jackson s’était à cet effet soumis à un examen médical de 4 heures et demie… Non mais sérieusement, on en arrive où? Est-ce qu’on aurait imaginé demander à Jimi Hendrix de souffler dans le ballon avant de monter sur scène?

… Excusez-moi un petit instant, en même temps que j’écris ce billet je surfe sur Google News et on vient d’indiquer que Michael Jackson vient de décéder des suites de cette attaque cardiaque. Ce qui devait être un autre billet coup de gueule contre le voyeurisme des médias devient un billet funèbre. Je ne sais pas trop quoi dire. Les plus jeunes pensent à la chirurgie esthétique et à la pédophilie quand ils entendent le nom de Michael Jackson. Ma génération se souvient de Bad, de Dangerous, du Moonwalk. J’ai découvert aussi ensuite les premiers tubes des Jackson 5, ses premiers albums. C’était un artiste hors du commun, un chanteur excellent, un danseur incroyable. Je n’ai jamais été fan de son relookage au bistouri et j’ai toujours été bouleversé / dégoûté par les accusations de pédophilie. Je veux me souvenir de son travail d’artiste, de tant de chansons qui m’ont accompagné tout au long de ma vie et m’accompagneront encore.

Dommage qu’il n’ait pas pu faire cette tournée finale.



République des actionnaires: à qui appartient la vie de Steve Jobs?
juin 25, 2009, 1:33
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Après des mois de spéculations en tous genres, le Los Angeles Times explique aujourd’hui que Steve Jobs, le patron d’Apple, serait en bien mauvaise santé et les journalistes se demandent si le secret gardé par ses avocats depuis des mois est bien légal. Loin de s’apitoyer sur le sort du cofondateur d’Apple, les journalistes décortiquent les faits juridiques et leurs conséquences pour les actionnaires.

Steve Jobs présentant le célèbre Iphone

Steve Jobs présentant le célèbre Iphone

Tout d’abord on apprend que si les sociétés ne sont pas tenues de divulguer les détails de la situation médicale de leurs dirigeants, elles doivent en revanche donner aux investisseurs des informations matérielles qui leur permettront de choisir en connaissance de cause s’ils ont envie d’acheter ou de vendre des actions.

Certes on peut le comprendre à l’échelle d’une petite entreprise, disons un salon de coiffure tenu par un patron qui aurait un ou deux employés. Avant de prêter de l’argent au patron ou d’acheter des parts de son entreprise, j’aimerais avoir une petite idée de sa forme et de son état d’esprit. Admettons. Mais quand on touche à de grandes multinationales spécialisées, la fluctuation du cours des actions sur les noms de patrons et souvent très surprenante, presque ésotérique: un groupe automobile va avoir à sa tête un homme qui ne connaît rien à l’ingénierie automobile, qui n’est pas un spécialiste du marketing, qui est un manager professionnel… mais en fonction de sa côte, avant même qu’il ait commencé à travailler (et répétons-le, la qualité des voitures ou des publicités ne dépendra pas de lui) on va faire des paris sur lui, les actions vont monter ou descendre (risquant ainsi dans les cas négatifs d’affaiblir l’entreprise – ce qui n’est pas dans l’intérêt des actionnaires).

De même pour Monsieur Jobs qui, s’il est le cofondateur d’Apple ne conçoit pas chaque produit et logiciel qui sort de l’usine à pommes (que les fans d’Ipod et d’Iphone se rassurent, Steve Jobs ou pas, Apple continuera sûrement à fabriquer tout autant de gadgets cool qui font bip bip bip quand on les touche). D’où le malaise que j’éprouve en lisant ces lignes du Los Angeles Times (et cet article n’est pas exceptionnel, il est malheureusement emblématique). On est allé trouver un des docteurs de Jobs pour lui faire expliquer de quoi souffrait son patient, on a découvert, malheureusement pour l’intéressé, que c’était plutôt grave (du genre définitivement grave) et on a commencé à prendre peur -non pas que monsieur Jobs souffre, non pas qu’avec un autre dirigeant la société Apple change d’état d’esprit mais que le PDG emporte dans sa chute vers l’autre monde le cours de nos actions Apple bien-aimées. C’est donc au nom du droit des actionnaires à connaître la vérité que bon nombre de journalistes (et peut-être derrière eux un certain nombre d’actionnaires et de concurrents d’Apple) ont demandé à obtenir davantange que de simples informations matérielles (les dernières fournies par Jobs faisaient en effet seulement état d’un déséquilibre hormonal – je ne suis pas médecin mais c’est vrai que ça n’a pas l’air aussi grave que ce dont il souffre apparamment).

Nous en serions donc là… on ne se mobiliserait plus pour voter, on ne s’engagerait plus dans la vie politique mais on serait prêt à payer des SMS pour voter par millions à des émissions de télé-réalité et on brandirait le principe de transparence (ou même l’idée de démocratie) pour exiger de savoir (et d’étaler sur la place publique) la couleur de la tumeur de tel ou tel PDG. Ce serait bien triste.

Pour vous dire la vérité, je n’ai pas envie d’y croire. En tout cas je n’ai pas envie de croire que nous ne sommes que ça. La démocratie est fondamentale. Notre droit de regard, de critique, d’expression est essentiel pour la préserver. Les entreprises jouent un rôle très important dans la société et il est bon que les actionnaires utilisent leur droit de regard pour demander des comptes aux gérants (idéalement pour exiger qu’ils respectent aussi les droits fondamentaux et l’environnement -on a bien glausé sur la santé de S. Jobs mais on a très peu parlé par exemple du fait que l’Iphone première version était très difficilement recyclable), il est bon que tout cela existe… mais utilisons ces droits d’une manière un peu plus respectueuses des individus. Je ne veux pas savoir quelle maladie a M. Jobs, juste s’il est apte à travailler ou non, je veux connaître sa stratégie, son bilan. Idem pour les politiques, je me moque de savoir si M. Berlusconi a trompé ou non sa femme, c’est une affaire qui les regarde, ce que je veux savoir c’est ce qu’il a fait et ce qu’il compte faire en politique. Ils nous appartient à tous de recentrer le débat sur les questions qui comptent (les seules qui nous regardent).



La Cour Suprême canadienne fait mouche
juin 2, 2008, 1:50
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Jeudi 22 mai, la Cour Suprême du Canada a rendu une décision très intéressante qui endiguera sûrement (dans son pays) l’escalade de procès ridicules qu’on connaît outre atlantique. C’était l’histoire d’un monsieur qui trouva une mouche morte et demie dans une bonbonne d’eau fermée et qui fit un procès à la marque pour les troubles psychologiques que cette tragique découverte entraîna chez lui. Il s’est notamment plaint de ne plus pouvoir boire d’eau en bouteille, de ne plus parvenir à se doucher calmement (car dans une douche il y a de l’eau), de ne plus pouvoir aller travailler et de ne plus être en mesure d’avoir de rapports sexuels. Pour sa peine, le tribunal de première instance condamna la société d’embouteillage Culligan à lui verser une petite bagatelle compensatoire (341 775 dollars). La décision fut renversée en appel, mais le plaignant fit un recours devant la Cour Suprême, qui confirma la décision de la cour d’appel. Pour la Juge en Chef de la plus haute juridiction canadienne, le plaignant “n’a pas établi qu’il était prévisible qu’une personne dotée d’une résilience ordinaire subirait un préjudice grave en voyant les restes de mouches dans la bouteille d’eau qu’il s’apprêtait à installer”. Condamner la société d’embouteillage à verser une telle somme était disproportionné car “[d]es réactions inhabituelles ou extrêmes à des événements résultant de la négligence sont concevables, mais elles ne sont pas raisonnablement prévisibles”, la société ne pouvait donc pas être tenue responsable de tous les dégâts psychologiques causés au plaignant.

Si cette affaire qui prête à sourire est importante, c’est parce que la Cour Suprême canadienne s’est très nettement démarquée de la jurisprudence états-unienne dans laquelle on accorde très facilement des compensations très élevées à des plaignants souffrant de toutes sortes de traumatismes suite à une découverte déstabilisante comme une mouche dans une bonbonne d’eau. En droit des “torts” états-unien, la théorie du “plaignant coquille d’oeuf” (eggshell plaintiff) est utilisée par les tribunaux pour évaluer la responsabilité des entreprises dans de tels cas: on prend le plaignant “comme on le trouve” et toute société causant des dégâts doit les réparer dans leur intégralité. Donc si une personne avec qui a une phobie absolue des araignées subit un choc nerveux en trouvant une araignée morte dans un paquet de gâteaux, la société d’emballage des gâteaux devra lui verser une compensation astronomique. Bien entendu, il y a là une marge de manoeuvre et de manipulation importante pour les plaignants et on voit fleurir depuis la célèbre jurisprudence du Café bouillant de Mc Donalds, toutes sortes de publicités pour des avocats offrant de faire gagner des dizaines de milliers de dollars à des quidams ayant subi de terribles outrages de la vie quotidienne (renversage de café, insectes dans des boîtes de conserve, etc…).

La position prise par la Cour Suprême canadienne affirme donc qu’on ne peut reprocher aux entreprises que les dégâts raisonnablement prévisibles découlant de leur négligence.

A mes yeux les entreprises négligentes doivent évidemment être punies, surtout dans les cas d’intoxication ou de pollution, mais il n’est pas juste de leur prélever ainsi des sommes colossales d’argent pour des histoires triviales (sommes que les entreprises pourraient utiliser à créer des emplois) et de prélever de l’argent à la communauté (car on fait travailler les tribunaux pour résoudre des affaires qui peuvent se résoudre en se parlant… ces mêmes tribunaux qui sont encombrés de tas d’affaires et qui mettent donc plus de temps à rendre justice). Enfin, si on donne de l’argent à quelqu’un qui a supposément encore des traumatismes, une partie de cette somme devrait être fléchée pour financer un traitement psychologique et pas une nouvelle voiture.

Une histoire qui aurait pu se régler par un coup de téléphone et l’offre de deux bonbonnes en compensation de la bonbonne souillée aura donc été entendue par trois tribunaux et aura mis près de sept ans à être réglée. Je me réjouis en tout cas de voir la Cour Suprême canadienne se démarquer de la jurisprudence américaine, une jurisprudence qui pousse à la victimisation à l’extrême et qui fait oublier à beaucoup de citoyens qu’ils n’ont pas que des droits, ils ont aussi des devoirs.

Pour en savoir plus sur cette affaire:

- Le site de la Cour Suprême Canadienne

- Un post de Yoni Goldberg



Harry Potter 7: les traductions sur le net
juillet 31, 2007, 11:14
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Alors que la traduction française officielle du septième tome des aventures de l’apprenti sorcier n’est pas encore sortie (elle sortira en octobre prochain), de nombreux fans ont pris les devants et décidé, comme ce fut le cas pour les volumes précédents, de le traduire eux-mêmes à partir de l’original sorti officiellement le 21 juillet dernier. Ces afficionados prennent de gros risques juridiques (je sais que J.K. Rowling aime ses fans mais je ne sais pas si elle est très coulante au niveau copyright), et très souvent sans le savoir.

Dans des cas concernant le sous-titrage d’épisodes de séries télévisées (notamment des dessins animés sous-titrés par des fans après leur première diffusion) ou de transcription d’épisodes (notamment Buffy contre les Vampires) les tribunaux ont rarement été très compréhensifs envers les fans.

Je ne peux m’empêcher de trouver paradoxal le fait que les artistes et les producteurs trainent en justice des gens qui sont d’authentiques fans. On encourage en effet les gens à plonger dans le fétichisme en les invitant à acheter toutes sortes de produits dérivés liés aux personnages des romans (des gadgets Harry Potter seront offerts en cadeau avec des céréales ou des yaourts, on vendra des agendas et écharpes…). Il y a des produits dérivés pour aller à l’école, au bureau, à la plage, au ski, pour se brosser les dents… on fait tout pour développer ce culte autour d’Harry Potter, on fait en sorte qu’il soit présent dans toutes les dimensions de la vie des fans (jeux vidéo, jeux de société, vêtements, recettes de cuisine à la Harry Potter…), on se vante du fait qu’il y ait des files d’attentes de plusieurs kilomètres devant les librairies le jour de la sortie du livre… et puis quand des ados enthousiastes s’arrachent les cheveux pour traduire le bouquin avec un amateurisme qui ne fait pas réellement concurrence à la traduction officielle, on les somme d’arrêter sur le champ, faut de quoi on les traînera en justice.

Il y aurait pourtant mille choses intéressantes à débattre concernant la traduction faite par les fans (que vous pouvez trouver à cette adresse) et la traduction officielle, qui, à la différence de nombreuses traductions, est relue par l’auteur car J.K. Rowling est francophone.

Je constate que Harry Potter a stimulé le goût pour la lecture de millions de jeunes (et de moins jeunes) à travers le monde. Si ce roman peut aussi stimuler le goût des langues, pourquoi être si sévère avec les fans?



Bientôt en France!
juillet 31, 2007, 10:26
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La vidéo ci-dessus est un extrait de l’émission l’homme contre la bête (Man vs. Beast), un programme très populaire de la chaine de télévision états-unienne Fox. J’ai choisi un des épisodes les moins trash: un concours d’avalage de saucisses entre le champion japonais Kobayashi et… un ours. Les anglophones apprécieront la grande subtilité des commentaires des présentateurs. C’est en discutant avec des américains que j’ai appris l’existence de cette émission dont je n’avais jamais entendu parler. Un programme qui trouvera peut-être bientôt une déclinaison sur les écrans européens. Et peut-être y aura-t-il des générations de jeunes fans de Kobayashi qui rêveront d’être capables de manger autant de saucisses que lui quand ils seront grands. Ce genre d’émission me laisse coi.



Diamants éternels
janvier 24, 2007, 11:18
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En ces jours on où parle beaucoup de l’industrie du diamant à l’occasion de la sortie en France du film Blood Diamond, je voudrais vous présenter une société dont les activités m’ont particulièrement surpris. Son nom est Life Gem (“joyau de vie”) et son métier est de transformer les cendres de vos proches en… diamants!

Life Gem

En effet, grâce aux techniques modernes il est possible de créer des diamants à partir du carbone de cendres humaines. A l’issue d’une procédure complexe Life Gem produit un ou de plusieurs diamants à partir d’une partie des cendres. Les pierres peuvent ensuite être montées et portées par les proches du / de la défunt/e.

Je dois vous avouer que ma première impression a été très mitigée quand j’ai découvert cette société. Pourtant j’avais aussi envie d’en savoir plus. De comprendre comment on pouvait fabriquer des diamants avec des cendres, de connaître un peu mieux leur démarche… J’ai entendu parlé de Life Gem pour la première fois aujourd’hui, cependant la société semble grande et connue. Elle vend ses services en Amérique, au Japon et en Europe (notamment en France).

Après avoir visité le site et vu quelques vidéos je ne suis plus dérangé par l’idée de conserver un/e proche dans un diamant. Je ne suis toutefois pas tenté d’avoir recours aux services de cette société.

Pour les curieux qui se demandent comment on peut fabriquer des diamants, voici quelques infos:

Les diamants naturels sont des minéraux qui ont été exposés à une température d’environ 2000 degrés pendant plus de 2000 ans. Le diamant est la matière la plus dure à la surface de la terre. Depuis 1953, on peut également “fabriquer” les diamants. On qualifie ces diamants de synthétiques mais ils ont les mêmes propriétés que les diamants naturels. C’est grâce à cette technique que l’on transforme les cendres en diamants.

Le travail de sociétés comme Life Gem consiste à recréer les conditions de formation de diamants à partir de carbone. Lors d’une première étape le carbone des cendres est prélevé. Lors d’une deuxième étape il est chauffé et changé en graphite. La troisième étape est celle de la “transformation” en diamant.

Des machines très perfectionnées permettent de faire en peu de temps un travail qui, dans la nature, prendrait des millénaires. La quantité de cendres demandée est 8 onces (soit 227 grammes). Life Gem réalise également des diamants à partir de cheveux (elle a notamment réalisé des diamants à partir des cheveux de Beethoven). Il est donc possible de se faire faire un diamant de son vivant. La société accepte aussi les animaux de compagnie.

La société Life Inc propose des diamants sans couleur (comme les diamants naturels) mais aussi des diamants colorés (verts, bleus, rouges, jaunes). Les prix vont de 3900 euros pour un petit diamant à 18400 euros pour un grand diamant.

Mon but n’est évidemment pas de faire de la publicité pour cette société, mais si vous voulez en savoir plus, jetez un oeil sur leur site web.

Voici aussi un reportage de NBC.



Dialogue entre les civilisations
janvier 20, 2007, 10:02
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J’entends souvent dans les médias des gens dénoncer plus ou moins directement le multiculturalisme. La présence de cultures différentes sur le sol d’un pays constituerait une menace. En France, certains personnages politiques (de gauche comme de droite) disent que des pratiques prônées par certaines cultures ou certaines religions ne sont pas compatibles avec la vie en république. Partisan des droits de l’homme je suis tout à fait heureux que sur le sol français les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits. Je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Mais je voudrais partager la vidéo ci-dessus avec ceux qui affirment régulièrement que le mélange des cultures est dangereux. Les influences, ça va dans tous les sens. Pour chaque “Français” qui se convertit à une religion qui n’était pas celle de ses parents, il y a dix “Français d’origine étrangère” qui s’assimilent à la culture française. Je ne dis ça ni avec joie, ni avec tristesse. C’est un fait simple: la culture dominante d’un pays exerce une influence bien plus grande sur les gens que les cultures minoritaires. Alors du calme… et surtout du respect, svp.



Superman noir
janvier 11, 2007, 10:31
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En regardant pour la première fois ce sketche de Thomas Ngijol j’ai beaucoup ri mais j’ai aussi été troublé par l’introduction de l’humoriste: “Superman il s’est foutu de notre gueule. Ce mec là il sauve des petites vieilles, il éteint des immeubles en feu, mais quand il passe au-dessus de l’Afrique il fait semblant de pas nous voir”.

Ce qui m’a troublé c’est que ça m’ait fait rire. Ca m’a fait rire parce que c’est profondément vrai. Et toutes ces années où j’ai regardé gamin tel ou tel superhéros utiliser ses pouvoirs incroyables pour sauver un enfant qui allait se faire écraser alors que dans tant de coins du monde il y avait la guerre et la misère où ce même superhéros aurait pu sauver des vies à la pelle… Pendant toutes ces années on m’a indirectement éduqué à trouver ça plus normal que l’on améliore la vie de mes concitoyens plutôt que l’on sauve la vie des personnes habitant des parties plus éloignées du monde.
On m’a aussi appris à considérer que mon monde et ses capitales (New York, Washington, Los Angeles) étaient le centre de l’univers.

Si des extra-terrestres découvraient notre planête, je me demande bien quelles parties du monde ils trouveraient les plus intéressantes, quelles philosophies ils trouveraient les plus intelligentes, quelles sociétés ils trouveraient les plus justes. S’ils devaient choisir un pays dans le monde, ils ne choisiraient peut-être pas celui de Superman…



Clone Burger
janvier 2, 2007, 11:51
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Le 28 décembre dernier, l’autorité américaine de réglementation des médicaments et de l’alimentation, la FDA (Food and Drug Administration), a annoncé que la viande et le lait d’animaux clonés pouvaient être mangés sans danger.

Cette décision basée sur plusieurs études ouvre la voie à une alimentation d’un genre nouveau: le clone-food. L’intérêt du clonage par rapport à la reproduction classique est de pouvoir reproduire indéfiniment les meilleurs animaux. Selon Stephen Sundolf, directeur du centre vétérinaire de la FDA, “le clonage ne comporte pas de risques particuliers pour la santé des animaux comparé à d’autres technologies de reproduction actuellement en usage dans l’agriculture américain”.

Monsieur Sundolf a expliqué que les produits issus d’animaux clonés ne sont pas plus dangereux que ceux issus d’autres animaux. “Sur la base de l’analyse de centaines d’études et de rapports sur la santé et la composition alimentaire des clones et de leur descendance, il a été déterminé que la viande et le lait d’animaux clonés et de leur descendance sont aussi propres à la consommation que la nourriture que nous mangeons tous les jours.”

La décision de la FDA autorise la commercialisation de produits issus de clonage après une période de 90 joursayant pour but de permettre au public de faire des commentaires.

Et les commentaires pleuvent. Les associations de consommateurs d’outre-atlantique tirent la sonnette d’alarme, arguant notamment que selon d’autres études les animaux clonés ne seraient pas en aussi bonne santé que les animaux normaux.

Comme l’avait prédit il y a quelques années M. Claude Vorilhon, alias sa sainteté Raël, les hommes pourraient bientôt se nourrir de viande et lait de clones…

Doit-on avoir peur de cela, doit-on s’en réjouir, s’en moquer? Très sincèrement, je ne sais pas quoi penser.

La marche de la civilisation me semble avoir été une marche de la culture contre la nature. Si le clonage est contre “nature”, alors la fertilisation artificielle des vaches (pratiquée pour les faire donner du lait plus tôt) est elle aussi contre nature, l’alimentation aux antibiotiques des poulets, le gavage des oies, la chirurgie, les transfusions sanguines, les voitures, les avions, l’internet sont contre nature. Philosopher, rêver, aimer pourraient aussi être considérés comme des actes contre nature. Après tout, est-ce que les singes, les poissons ou les plantes philosophent?

Toutefois, malgré cela, je dois avouer qu’au fond de moi une intuition ou une superstition me dit que cette histoire de viande clonée ne sent pas très bon. Je ne peux pas vraiment aller plus loin sur ce sujet car n’étant pas scientifique, je ne suis pas en mesure d’apprécier la crédibilité des études auxquelles se réfère le FDA, toutefois je ne me sens pas très à l’aise quand je pense à ces produits qui se retrouveront bientôt dans les assiettes des consommateurs américains. J’imagine qu’il sera encore possible d’acheter des viandes ou des laits “purs”, mais peut-être deviendront-ils plus chers que les produits issus de clones, de telle sorte que seuls ceux qui auraient assez d’argent puissent se les offrir.

Je ne suis pas un scientifique mais en tant que citoyen plusieurs questions me viennent à l’esprit:

- Tout d’abord pourquoi ne pas attendre un peu plus? Les premiers clones datent de la fin des années 1990 (Dolly la brebis a été clonée en 1996), beaucoup ont été ratés, sont morts rapidement, se sont avérés plus faibles que les originaux, etc… Si leur viande avait des effets secondaires à plus long terme, par exemple de véhiculer plus facilement des maladies qui mettent des années à être décelées telles que celle du prion, on ne pourrait pas encore le savoir. Un des principes clés du développement durable n’est-il pas le principe de précaution? Je me demande donc si une décision aussi rapide (moins d’une dizaine d’années) de la part de la FDA n’est pas le résultat de l’insistance de certains lobbies de l’agro-alimentaire favorables au clonage.

- La viande clonée est censée permettre d’améliorer la quantité et la qualité de la production. Mais nous sommes déjà en surproduction. De plus les enfants occidentaux mangent trop de viande et sont en surpoids… Avons-nous besoin de davantage de viande?
Et puis cette viande de clone, si on me dit qu’on la produira pour nourrir ceux qui meurent de faim dans le monde alors je me demanderai simplement pourquoi on ne l’a pas fait avant (puisque nous produisons déjà assez pour nourrir la planète).

Pour en savoir plus, voici quelques articles:

Un article du Figaro

Un article de TV5

Un article du Scotsman



Intergalactic Fried Chicken
novembre 15, 2006, 12:05
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La chaîne de fast food américaine Kentucky Fried Chicken (KFC) vient de lancer une campagne de publicité d’un genre nouveau. En construisant un logo d’environ 26 670 mètres carrés à l’effigie de son fondateur (le colonel Harland Sanders) la société de franchisée a acquis un visibilité galactique. Au sens littéral. En effet, comme la grande muraille de Chine, le portrait du colonel est désormais visible depuis l’espace. Le président de KFC Gregg Dedrick s’en est amusé en déclarant que “s’il y a des extraterrestres dans l‘espace, KFC veut devenir leur restaurant de prédilection“.

Logo KFC vu de l’espace

Si ce genre de marketing se développe notre planète pourrait bientôt ressembler au maillot d’un joueur de foot. Un grand truc bleu comme une orange avec plein de pubs accrochées dessus. Les sociétés en quête de popularité iront peut-être acheter des hectares de terrain bon marché dans les pays en voie de développement pour y mettre des logos géants.

Des commerçants peu scrupuleux pourraient avoir recours à cette technique pour promouvoir les produits qui n’ont pas le droit aux encarts publicitaires (comme le tabac ou les casinos en ligne). On pourrait même imaginer que des terrains soient utilisés par des sectes ou des groupes politiques pour passer des messages.

Car la technique est efficace. Elle a valu à la chaîne KFC une campagne de publicité à moindre coût. Moins chère en tout cas que de réaliser puis diffuser des spots de publicité. En effet, en achetant simplement un bout de désert et en y collant un logo la société a obtenu – gratuitement – une couverture médiatique importante. Télés, radios, journaux: tout le monde s’est préssé pour présenter au public (américain) la tête stylisée du colonel cuisinier.

En plus c’est tellement incroyable que tout le monde en parle (y compris votre serviteur).

Pour en savoir plus sur le logo visible de l’espace, rendez-vous sur le site officiel de KFC